Moins de postes vacants non pourvus et d’inactifs signifie un taux d’emploi plus élevé, davantage d’opportunités de croissance pour les entreprises et une meilleure capacité de financement de notre sécurité sociale

S’assurer de disposer d’une main-d’œuvre suffisante, compétente, capable de s’adapter à un monde en constante évolution

Suite à la forte création d’emploi résultant de l’accélération de la croissance économique et de la modération des coûts salariaux, d’une part, et aux nombreux postes de remplacement à pourvoir en raison du vieillissement démographique, d’autre part, le taux de vacance d’emploi et la part des métiers en pénurie ne cessent d’augmenter dans notre pays (>149.000 postes non pourvus en moyenne au 3e trimestre de 2018). Nous enregistrons par ailleurs un faible taux d’emploi, qui progresse lentement (70,1% au 3e trimestre de 2018), et disposons d’une grande réserve de main-d’œuvre potentielle inexploitée. La pénurie persistante et l’inadéquation entre l’offre et la demande de travail, d’une part, et le nombre élevé d’inactifs dans notre pays, d’autre part, témoignent de problèmes structurels sur le plan du fonctionnement de notre marché du travail. Les employeurs ne trouvent pas les profils adéquats, ce qui nuit à la croissance et à l’emploi.

Ci-dessous, quelques pistes de solutions pour y remédier :

  • une activation des demandeurs d’emploi (accompagnement, suivi et contrôle) et une réintégration des malades de longue durée plus efficaces, fortement axées sur la réorientation et la réinsertion partant de ce que la personne concernée est (encore) en mesure de faire et pourrait apprendre (compétences, expérience, potentiel, capacités professionnelles et d’apprentissage) ;
  • des allocations de chômage limitées dans le temps et scindées en deux parties : une partie visant à garantir la sécurité de revenu et une autre visant à inciter les demandeurs d’emploi à occuper un emploi vacant en pénurie ; 
  • stimuler la culture d’­apprentissage individuelle dans le contexte de l’apprentissage tout au long de la vie par l’instauration d’un compte-formation (viatique) permettant à l’individu d’investir lui aussi dans sa formation, en temps ou en argent, et de veiller ainsi à son employabilité. Nous donnerions ainsi aux travailleurs les rênes de leur carrière, tout en permettant un allongement des carrières ;
  • la création d’un pôle de transition afin de faciliter et d’accompagner la réorientation et la transition des travailleurs au-delà des secteurs ;
  • améliorer les trajets d’insertion ou en instaurer de nouveaux (contrats d’intérim à durée indéterminée, pooling de travailleurs…), car un abaissement des seuils est synonyme ­d’élargissement des opportunités ;
  • revoir les régimes fondés sur l’âge et l’ancienneté, qui constituent souvent une ‘cage dorée’ ainsi qu’un frein à l’embauche, l’emploi et la mobilité. À terme, nous devons évoluer vers des salaires fixés sur la base des performances et du mérite ;
  • des règles plus souples en matière de migration économique pour pouvoir combler rapidement les pénuries sur le marché du travail, en misant sur un cadre régional et fédéral facilement applicable associé à une plateforme électronique unique permettant aux employeurs de soumettre leurs dossiers mais aussi de rechercher des informations pertinentes.