Moins de freins à l’innovation signifie davantage d’opportunités d’exportation

Promouvoir l’innovation au-delà des frontières

Les chiffres européens montrent qu’en Belgique, les entreprises et les pouvoirs publics investissent relativement beaucoup dans la R&D (près de 2,5% du PIB) et qu’il y règne un climat favorable (e.a. sur le plan fiscal) aux activités de R&D. Cela ne se traduit toutefois pas suffisamment en termes d’impact économique (p.ex. ventes ou emploi). Or, cet impact est capital pour le renforcement de la croissance potentielle de nos entreprises et de notre économie.

La difficulté à transposer les efforts de R&D dans de nouveaux biens, services et modèles économiques est due en partie au fait que la Belgique est un marché relativement restreint, où il est difficile de tester des innovations à une échelle suffisamment grande. Il est donc crucial de travailler ensemble.

Les différentes autorités peuvent à cet égard jouer un important rôle d’encadrement en :

  • facilitant et promouvant activement la coopération interrégionale entre entreprises, instituts de recherche et monde de l’enseignement en matière d’innovation. Il convient à cet effet de se limiter à un cadre réglementaire large et clair qui tienne compte de la rapidité des évolutions futures ;
  • simplifiant la politique d’innovation et l’aide à l’innovation, de manière à ce que les entreprises s’y retrouvent plus facilement parmi les différentes mesures. Pour les secteurs comptant de nombreuses PME et possédant une capacité de R&D relativement faible, les autorités doivent davantage utiliser le levier des centres collectifs. Beaucoup plus de PME seront ainsi incitées à innover ;
  • rendant la prime d’innovation (prime pour les travailleurs qui formulent une idée innovante) plus attractive, p.ex. en doublant les plafonds existants (actuellement maximum 1% de la masse salariale, maximum 1 mois de salaire par travailleur, maximum 10% des travailleurs) ;
  • veillant à une réglementation favorable à l’innovation, c’est-à-dire :
    • Une réglementation neutre vis-à-vis
      de la technologie ;
    • Un environnement réglementaire qui stimule les grandes innovations sociétales, p.ex. dans le domaine de la mobilité et des véhicules autonomes, de l’e-health, de l’économie circulaire, des fintech, ainsi que d’autres technologies et innovations dans le domaine des biens de consommation ;
    • L’introduction de « laboratoires » soumis à une réglementation moindre, permettant d’expérimenter des concepts et produits innovants à plus petite échelle, même dans des secteurs habituellement très réglementés (p.ex. technologie blockchain pour l’identification unique des entreprises et mandats, drones, véhicules autonomes…) ;
    • L’application neutre, objective et large de la déduction pour innovation, toutes activités et tous secteurs confondus. Du fait de la révolution numérique, une innovation rapide constitue en effet une condition préalable à la croissance dans de plus en plus de secteurs.
  • pressant les autorités européennes de mettre rapidement en œuvre le Brevet unitaire qui est actuellement retardé notamment par le Brexit. Ce brevet moins cher et plus sûr juridiquement devrait favoriser les entreprises innovantes en Europe.